Célina Blundell

Les travaux de Célina Blundell sont à l’origine des photographies, les siennes ou celles trouvées sur internet. Cette remise en scène de clichés amateurs, de prises de vue saisies sur le vif et comme anecdotiques participent à la démarche de l’artiste, car si le numérique et la technologie ont créé dans notre société une inflation des images, elle parvient à les réincarner dans l’expression matérielle de la peinture.

« Je suis un œil, un œil mécanique. Moi, la machine, vous montre le monde de telle sorte que seul je peux le voir. » Dziga Vertov en 1923 à propos de la caméra.

Aujourd’hui omniprésent, cet œil mécanique a radicalement modifié notre perception de la réalité. En s’appropriant ces images, des portraits de famille à la pornographie, l’artiste tente d’appréhender le fonctionnement du monde qui l’entoure et des psychés contemporaines, explorant l’ambiguïté de la nature humaine. Comme dans la série des “fantômes”, ces portraits qu’elle a délibérément recouvert d’une couche de blanc comme pour rappeler ces images qui s’échappent et que l’on ne regarde plus, perdues dans un océan d’égos démultipliés.

L’artiste s’arrête, contemple, se questionne et souvent se peint elle-même comme pour lutter contre l’effacement et l’oubli. Pour elle, si la photographie produit des instantanés figés, la peinture permet d’inscrire une scène dans la durée, dans un mouvement qui résulte à la fois du travail du peintre et de l’œil du spectateur.

 

Celina Blundell