Gilles BALMET

La première série « Rubber soul », dans des tonalités de bleus et de gris et emprunte son nom au troisième album des Beatles que j’écoutais au moment sa production et qui s’est imposé comme un titre en rapport au processus utilisé pour la réalisation des oeuvres. J’utilise uniquement une raclette en caoutchouc pour nettoyer les vitres (rubber en anglais)  comme outil de dessin. Je m’en sert donc comme d’un outil détourné qui me permet de travailler et dessiner avec la matière encrée composée d’une multitude d’encres différentes afin de réaliser cette image à mi chemin entre abstraction et représentation paysagère et qui semble de prime abord de facture photo réaliste et dont le procédé d’apparition très rapide évoque la révélation photographique.

L’autre ensemble développé en parallèle s’intitule « Champs de bataille » et poursuit le cycle d’œuvres amorcées avec la raclette de nettoyage à vitre comme outil de dessin. Là encore, la trivialité de l’outil employé semble en décalage avec la subtilité des effets visuels obtenus nous confrontant à ce qui semble être des paysages dévastés évoquant des champs de bataille, les charniers de Verdun ou des images mentales de lieux dévastés. Le mélange d’encres nombreuses,  la matière et les effets visuels obtenus grâce à l’eau amplifie les ambiguïtés possibles avec le domaine du photographique et de la représentation paysagère bien que nous soyons dans le champ du dessin. Ces deux séries font donc suite à mes recherches liant abstraction, représentation paysagère et des techniques processuelles de développement d’images proche de la révélation photographique déjà abordées dans des séries comme les « Ink mountains », les « Silver mountains »,  les « silver reliefs » ou les « Waterfalls ».

 

Gilles Balmet est né en 1979. Il vit à Paris depuis 2004. Il est artiste. Peintre, dessinateur, vidéaste et photographe. Il possède des ateliers à Paris et Grenoble dans lesquels il expérimente constamment de nouveaux modes de créations d’images. Diplômé de l’Ecole supérieure d’art de Grenoble en 2003, Il a séjourné six mois à Kyoto et dans le reste du Japon en 2010 dans le cadre de la résidence de Benoît Broisat à la Villa Kujoyama. Son travail récent s’est concentré sur des œuvres sur papier et sur toiles situées à la frontière entre abstraction et figuration et qui mettent en question la notion de paysage, la place du regardeur dans la lecture des images, les notions de maîtrise et de hasard, d’ordre et de chaos, les rapports entre la peinture et la photographie. Il a présenté en 2011 un ensemble conséquent d’œuvres nouvelles sur de multiples supports dans l’exposition Somewhere here on Earth au Musée Géo Charles puis à la galerie Dominique Fiat à Paris dans l’exposition Silver mountains. Il expose régulièrement son travail en France et à l’étranger et a notamment exposé au Musée d’art contemporain de Lyon, au Frac Champagne Ardenne à Reims, au Musée du Petit Palais à Paris, au Centre d’art de l’Yonne ou encore à la Fondation d’entreprise Ricard où il était un des nominés pour le prix Ricard 2006. Il a aussi montré son travail à l’institut Franco-japonais du Kansaï à Kyoto, à Los Angeles dans une programmation vidéo de Paul Young et au Musée Régional d’art contemporain de Sérignan dans l’exposition Géographie du dessin. Il vient d’exposer à la Maison des arts de Grand Quevilly, à l’espace Glassbox à Paris, au Salon Drawing now au Carrousel du Louvre avec la galerie Chantiers Boîte noire, et à la galerie Dominique Fiat à Paris dans Medusa caravage Salon, dans le cadre de Nouvelles Vagues initiée par le Palais de Tokyo dans les galeries parisiennes. Il est aussi artiste-enseignant à l’Ecole supérieure des Beaux arts de Montpellier.

Gilles Balmet est représenté en France par la galerie Dominique Fiat à Paris (http://www.dominiquefiat.com)

Site Internet : http://gillesbalmet.free.fr